[Hiver 1990] Les trois compères [Rencontre des Kinfolks]

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Message Sujet: [Hiver 1990] Les trois compères [Rencontre des Kinfolks]   Ven 3 Nov - 23:09
J'me souviens encore de ce jour où j'les ai rencontré. Ces deux têtes de pioche qui allaient devenir mes plus fidèles alliés. Les créateurs de notre agence de détective et qui m'accompagnaient depuis maintenant une bonne quinzaine d'années. Pourtant, c'était pas gagné d'avance, c'est l'moins que j'puisse dire. Notre meute - notre tribu plus largement - possédait en son seing des Kinfolks, comme de nombreuses autres meutes. Et il était de notre devoir de les protéger, au même titre que l'on protégeait nos louveteaux.

Depuis ma naissance, j'avais été habitué à vivre et à grandir au contact de certains d'entre eux. Ils avaient généralement plus d'affinités avec les Homids ou les autres gugusses du groupe - moins sauvages que nous, les Lupus - mais ils ne nous ignoraient pas pour autant. Selon les Anciens, ils étaient aussi indispensables dans la vie de la communauté que les autres loups. Qu'importe que le don de Luna ne leur ait pas été accordé, ils possédaient d'autres atouts qui permettaient à la meute de s'intégrer. Ils étaient surtout indispensables pour permettre à ceux qui vivaient en marge des villes humaines de comprendre cet autre univers qui était si proche du notre et pourtant si éloigné en même temps.

Vous vous en doutez, je faisais clairement parti de ceux qui avaient besoin d'apprendre dans ce domaine très précis. Si aujourd'hui vous me trouvez brute et grande gueule, sachez qu'en 1990 j'étais pire que ça. Trop jeune pour comprendre l'utilité de cet apprentissage, je préférais me tourner vers la chasse et la traque de ce putain d'ver. Mais l'Alpha de notre groupe en avait décidé autrement et, en dépit de mon caractère emporté, j'avais courbé l'échine devant l'autorité. Notre hiérarchie était stricte et si on laissait les uns et les autres se faire sa place, on ne plaisantait pas avec l'autorité des Anciens. Je l'avais appris à mes dépends et je n'en étais pas à ma première raclée pour avoir essayé de contester certaines choses. Apprenant de mes erreurs, j'avais donc décidé de suivre ce fameux "cours" pour comprendre ces maudits bipèdes. Oui, malgré mon statut de Garou, je ne parvenais pas à me considérer comme un bipède moi aussi. A l’époque d'ailleurs, j'avais du mal à comprendre ce mot/


Noah avait atteint sa taille adulte, à l'époque, et était imposant. Que ce soit sous sa forme Homid que sous sa forme Lupus, sa corpulence dépassait celle de beaucoup d'autres loups. C'était précisément cela qui lui avait donné une confiance en lui si précoce et importante. Lui qui passait le plus clair de son temps à suivre la meute lors de la Chasse et à apprendre à combattre le Wyrm, avait vraiment du mal à se dire qu'il allait désormais devoir passer à un autre stade de sa formation : apprentissage du monde humain et de ses mœurs. Un ordre étant un ordre, il s'était donc rendu à ce premier cour, le coeur emplit de réticences et de préjugés.

Il n'était pas le seul pour cette initiation. De plus jeunes louveteaux avaient eux aussi la consigne d'écouter et de suivre les cours des instructeurs. Assis sur un rocher qui s'élevait plus haut que les autres, un des dominants de la meute attendait avec patience que chaque loup, chaque homme, aient trouvés place. Derrière lui se tenaient, silencieux et dociles, des Kinfolks de tout âge. Tous se tenaient prêt, écoutant alors le discours du Mâle, n'osant interrompre la leçon sous peine de se faire sermonner. Aux yeux de Noah, ce fut long. Tant et si bien que son propre esprit se mit à vagabonder, se laissant aller aux souvenirs de sa dernière chasse.

Il ne se rendit compte que trop tard de ce qui allait suivre. N'ayant pas écouté jusqu'au bout, il était passé à côté d'une information essentielle : la formation se poursuivrait par équipe. Un Kinfolk pour un loup. Et ce, afin que le premier partage son expérience auprès du second. C'est ainsi que le rouquin vit s'approcher le jeune homme.

    - Tu es Noah, c'est ça ? Je suis Mathys. Je serai ton binôme pendant ces cours.

Il paraissait si sûr de lui. Si bavard aussi. Noah accueillit ses paroles avec un signe de tête. Et il attendit. La première heure se passa et l'échange fut à sens unique. Mathys fit ce qu'on lui avait demandé : description du monde humain dans son ensemble. Noah aussi fit ce qu'on lui avait demandé : écouter sans faire le con. Lorsque le cour prit fin, Mathys se releva et tendit une main à Noah. Il semblait vraiment heureux de dispenser son savoir. Alors que le Fianna face à lui montrait des signes évidents de mauvaise volonté et de mauvaises humeurs.

    - J'espère ne pas avoir été trop fastidieux. La prochaine fois, n'hésite surtout pas à me poser des questions. Tu sais, ce n'est pas si simple que ça de se faire accepter par les humains. Mais ils sont intéressants, à leur niveau. C'est rare d'avoir quelqu'un avec ton écoute. Alors je te dis à demain ? J'ai vraiment hâte.

Afin de ne pas se faire engueuler, il lui rendit son salut. Vraiment hâte. Voilà un sentiment que ne partageait absolument pas le Fianna. Alors qu'il faisait lui aussi demi tour pour regagner le Caern, il ne put s'empêcher de lâcher à mi-voix ces quelques mots :
    - J'ai gagné l'gros lot, encore une fois ! J'sais même pas c'que ça veut dire, fastidieux." Nananana j'ai trop hâte". "Nanananana t'es trop mon copain". Pauvre con, ouais !!

Evidemment, cela promettait de se corser lors des prochains cours...

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Message Sujet: Re: [Hiver 1990] Les trois compères [Rencontre des Kinfolks]   Sam 4 Nov - 0:24
Les jours passèrent. Puis les semaines. Les cours furent moins nombreux mais toujours aussi importants. Bien qu'agacé par ces leçons, Noah restait aussi sérieux que lors de l'apprentissage des autres cours dispensés par la meute. Peu à peu, il apprenait à connaître Mathys, le Kinfolk qui avait la charge de son apprentissage des arts humains. Et s'il se montrait toujours aussi énervant à ses yeux, quelques qualités avaient émergés de sa personne, le rendant un peu plus digne d'intérêts aux yeux du rouquin.

Il était devenu évident qu'en dépit de son âge - le Kinfolk devait avoir un peu plus de la vingtaine seulement, soit quelques années de plus à peine que Noah - il s'y connaissait vraiment question "humanité". Apprendre à utiliser les outils, apprendre à se comporter correctement afin d'éviter d'attirer l'attention des gens, savoir quoi dire et quoi faire en fonction des circonstances. Autant de choses difficile à intégrer mais qui peu à peu rentrait dans sa tête. Les deux garçons avaient finalement appris à s'apprécier, à s'apprivoiser. La gentillesse de Mathys était compensé par un pessimisme qui dépassait toutes les limites connues. Par ailleurs, s'il se montrait doué dans l'art de la lecture et l'art d'utiliser les machines humaines, il ne démontrait aucune aptitude intéressante dans le combat à proprement parler. Autant dire qu'à eux deux, ils se complétaient réellement.

Mais le jeune homme se moquait de savoir combattre ou chasser avec la meute. Ne possédant pas les dons propres aux garous, il restait un simple humain, bénéficiant seulement de la protection de la meute. Il poursuivait dans le même temps un autre apprentissage purement humain. La "conduite", qu'il appelait ça. Et il s'acharnait à tenter de passer son permis, bien que l'ayant loupé à deux reprises déjà. Tant et si bien qu'un jour, Mathys revint avec une bonne nouvelle. Enfin bonne. Selon ses propres critères, il s'entend.

    - Hey, Noah ? Noah ? J'ai une superbe nouvelle !

J'dois bien admettre qu'il m'intriguait. Il était généralement ravi de venir ici pour étaler sa science.
J'avais appris à pas le rembarrer trop souvent et même à apprécier ces échanges avec lui. Mais là,
il souriait tellement que j'en fus aveuglé. J'sais pas trop c'qui se tramait dans son crâne de piaf mais s'il arrivait ainsi comme une furie, ça promettait rien d'bon. Pour moi. Le laissant reprendre son souffle, j'attendais aussi calmement que possible. Histoire de pas l'insulter d'entrée de jeu. Apparemment, il était venu ici en galopant comme un dératé. Et si y'a une chose que j'avais appris d'lui, c'est que l'endurance n'était pas son point fort. C'était c'qu'on appelait une tête, ce mec. Moi, j'étais les bras.


    - Désolé. Comme je te disais, j'ai une bonne nouvelle. Je viens d'obtenir enfin mon permis de conduire. Et nous avons eu l'autorisation pour emmener certains d'entre vous en ville, histoire de vous familiariser avec l'environnement tel qu'il est. Prends ça comme un cas pratique, quoi. Et comme j'ai une voiture, je vais pouvoir t'emmener toi et Emmy directement là-bas. Quelques cadres resteront à proximité en cas de problème. Mais j'ai donné mon accord te concernant. Je suis sûr que ça va le faire. Allez, suis-moi.

Pour le coup, j'étais resté comme deux ronds d'flanc. Un cas pratique ? Alors celle-là, elle était bonne. Je m'étais déjà rendu dans quelques patelins habités, évidemment. Mais là, on parlait de la ville. La vraie de vraie. Et si j'doutais pas de pouvoir me contrôler, j'restais franchement sur la réserve pour cette expédition. Puis j'devais admettre que l'option "voiture" me plaisait pas du tout. J'l'avais quand même suivi. Arrivé près de la fameuse voiture, qu'il avait éloigné, j'remarquais alors la présence d'une femelle. Enfin, d'une femme quoi.

    - T'es qui, toi ?

J'admets qu'il y a mieux comme approche. Mais faut s'mettre deux secondes à la place : j''étais sensé entrer dans cette boite de conserve avec Mathys, pour aller en ville afin de mettre en pratique ce que j'avais appris, accompagné de cette nana qui sortait de nulle part et que je n'avais encore jamais vu. J'avais les voyants qui viraient au rouge. Du genre "danger imminent". En plus elle avait un d'ces regards, à vous glacer l'sang. J'avais pas encore capté, à l'époque, qu'il fallait pas l'emmerder celle-là. J'allais vite le saisir.

La jeune femme avait alors jeté un regard glacial vers Noah, avant de pousser un soupir exaspéré. Du genre qui ne laissait aucun doute quant à ce qu'elle pensait à l'instant précis. Elle s'était finalement approché du colosse, pointant l'index dans sa direction comme l'on pointait une arme vers un ennemi. Noah n'avait pas bronché. Surpris, il ne s'était sans doute pas attendu à ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux.

    - On t'a jamais dit qu'on ne s'adressait pas comme ça aux femmes, mon louloup ? Le respect, tu connais ? Mathys t'a pas appris les bonnes manières, apparemment. On va dire que ce sera ma part du boulot. Moi, je suis Emmy. Qui je suis, je te le dirais plus tard. Pour l'instant tu vas juste visser ton cul d'loup sur le siège arrière, histoire qu'on perde pas plus de temps. C'est que moi, j'ai des horaires à respecter. Mathys, on bouge !

Pour une fois, Noah en perdit ses mots. Poussant un grognement pour la forme, il ouvrit la portière et se cala sur le siège. C'est dans un silence presque religieux que la voiture prit la direction de la ville. Le trio nouvellement formé paraissait bien curieux. Mathys semblait aux anges. Emmy jetait des regards meurtriers dans le rétroviseur. Quant à Noah, il prenait sur lui de ne pas dézinguer cette bagnole, la gonzesse avec. Histoire de lui montrer qui était le dominant ici.

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Message Sujet: Re: [Hiver 1990] Les trois compères [Rencontre des Kinfolks]   Sam 4 Nov - 1:36
J'dois avouer un truc. J'étais resté bloqué sur le "mon louloup". Qu'on m'parle comme ça, j'y étais pas trop habitué. C'est que généralement, c'moi qui imposait les choses. Là, elle m'avait calmé direct, sans que j'vois rien venir. On était resté plus ou moins silencieux pendant l'ensemble du trajet. Au loin, les lumières de la ville apparaissaient. La nuit tombait, ce qui n'était pas pour me déplaire. D'après c'que j'avais capté, on allait s'rendre dans un bar du genre "tout public" afin d'boire un verre et de s'faire des potes. J'trouvais l'principe bien débile mais cas pratique oblige, j'devais m'y soumettre. La meute avait dépêché deux ou trois cadors pour nous garder à l'oeil. Jusque au cas où la Rage entre dans la partie. C'est qu'on pouvait pas s'permettre ce genre de publicité.

La sortie semblait réellement organisée. Mathys s'était simplement garé sur un parking proche du pub, visiblement impatient de pouvoir s'éclater. Il paraissait évident qu'à ses yeux, ce simple test passait surtout pour un moyen de fêter dignement l'obtention de son permis. Et de faire la fête avec celui qu'il considérait aujourd'hui comme un ami. Emmy semblait plutôt à l'aise, elle aussi, même si les tensions étaient encore vives. Seul Noah paraissait dépité. Ils n'étaient pas encore entrés que déjà les odeurs et le bruit l'assaillaient de toutes parts. Ses sens lupin étaient trop habitués aux campagnes environnantes, là où la souillure de l'homme était moins vive. Mais ici, il était en plein sur leur territoire. C'était comme d'entrer sur celui d'une meute rivale qui aurait marqué les arbres environnants pour indiquer leur présence. Attention : chasse gardée. Il avait la même impression.

Finalement, ils entrèrent. Pas encore trop peuplé, ils prirent possession d'une table se trouvant au fond de la salle. Quelque peu à l'abri des regards et surtout des oreilles, ils pourraient alors discuter sans attirer l'attention. Noah se massait doucement les tempes, tant le bruit l'avait perturbé. Il devait faire avec mais il devait admettre qu'il avait été surpris. Mathys avait prit l'initiative de la commande pour les trois et déjà la serveuse leur apportait les verres. Une fois qu'elle se fut éloignée, Mathys trempa ses lèvres dans sa bière avant de prendre la parole.

    - On a déjà fait des petites excursions mais celle-ci est la plus importante, Noah. Je sais qu'il est difficile pour un Lupus de s'acclimater à ce genre d'ambiance mais il faut vous blinder. Tu ne peux pas toujours vivre en marge de la société. Cela, même nos Anciens l'ont compris. Emmy est ici pour combler mes lacunes dans ton enseignement. Tu lui expliques ?

Elle opina du chef, avant d'avaler son verre d'une traite. Si elle n'appartenait pas au Fianna, alors Noah n'était pas un Garou. C'était une évidence. On avait pas une descente pareille chez les autres clans.

    - T'auras deviné que je suis moi aussi une Kinfolk. D'habitude, je reste en ville. Je file les tuyaux nécessaires. Je fais le lien entre vous et la ville afin de fournir le nécessaire indispensable. Je passe les messages. Mais mon frangin, là, il m'a dit que tu avais du mal avec certains usages. Lui, il est plutôt bon en relationnel. La théorie. Moi, je gère la pratique. Il m'a demandé mon aide. C'est moi qui ai soufflé l'idée de ce test. Pour comprendre, il faut observer. C'est la base. Regarde-les. Inconscients qu'ils sont des réalités de notre monde. Ils n'en sont pas moins très dangereux. S'ils apprenaient notre existence, nous serions tous exterminés.

De sa bouche, ce simple constat sonnait comme une menace sérieuse. Noah savait cela, évidemment. Car la Loi de la meute était claire là-dessus. Cette soirée fut la première qu'ils passèrent ensemble. Ils apprirent à mieux se connaître. Apprirent à se respecter.

Les mois passèrent. Les années suivirent. Noah progressait à vue d'oeil même s'il n'appréciait toujours pas ce monde. Son rang au sein de la meute augmentait lui aussi. Bien qu'amis, bien qu'alliés, un lien de subordination s'était créé entre les deux Kinfolks et lui. Puis la nécessité de gagner de l'argent se fit pour Noah. Une idée leur vint alors... Mettre en pratique les talents divers du trio pour créer une agence particulière. Une idée soufflée par Mathys en personne.

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Message Sujet: Re: [Hiver 1990] Les trois compères [Rencontre des Kinfolks]   Sam 4 Nov - 9:06
Printemps 1992 - Nord de Chicago

Chicago était une sacrée grande ville. On s'était radiné dans l'coin depuis quelques temps, à proximité du Caern. Un des plus grands que j'ai jamais vu, j'devais l'admettre. Les loups qui s'y trouvaient n'étaient pas des petites frappes et les Anciens qui protégeaient les lieux ne laissaient rien passer. Qui disait proximité d'une si grande ville, disait aussi obligatoirement groupement vampirique important. Si j'avais bien tout capté, une pseudo trêve avait été signée même si quelques heurts arrivaient. C'est qu'ces suceurs de sangs étaient des agents du Wyrm pour moi. Et pour c'genre de problème, je préconisais la destruction. Mais notre Alpha en avait décidé autrement pour l'moment alors j'la fermais.

L'idée qu'avait eu Mathys me paraissait pas mal et j'devais admettre qu'il m'avait étonné. En déboulant dans l'coin avec une partie de la meute, on avait intégré un groupe plus grand. Une famille plus importante. Et de fait, il était important d'participer autrement qu'en défendant le Caern. Gagner de l'argent devenait important et de nombreux Garous avaient déjà un taff. Puis j'devais bien admettre que j'avais envie d'me lancer un peu dans l'action. Devenir détective privé, voilà qui m'paraissait vraiment sympa. Puis d'après Emmy, mes sens seraient très utiles pour voir ou sentir ce qui échappait à un humain lambda.

Elle et moi attendions son frère, posés sur ce banc en plein milieu du parc, pendant qu'des mioches s'amusaient à se courir après non loin de nous. J'n'avais clairement pas le même plaisir à les voir s'amuser entre eux. J'préférais - et de loin - observer nos louveteaux jouer au jeu du dominant-dominé. Là au moins y'avait d'l'intérêt. C'était l'printemps. J'aimais bien cette période. Le temps était plus clément. La nature reprenait ses droits après un long sommeil. J'me sentais plus à l'aise.


Les pensées du Lupus furent interrompues par l'arrivée en trombe de Mathys. Quand il s'agissait de s'occuper de la paperasse ou de créer des liens avec les gens, c'était lui qui s'en chargeait. Emmy ressemblait trop à Noah pour gérer ça, même si elle restait plus sociable que le rouquin. Son frère tenait dans son poing des clés. Apparemment, tout se mettait en place. Embrassant sa soeur sur la joue - elle détestait ça mais son petit frère s'en moquait clairement - il semblait vraiment content de lui. Ce qui contrastait avec son pessimisme habituel.

    - On a le local. Je viens de commander la plaque. On peut officiellement prendre nos fonctions. Le cabinet est un peu modeste mais c'est le temps de se faire un nom. Je pense qu'on va galérer un peu au départ. Faudra se montrer professionnel et pas envoyer nos clients chier... Il avait jeté un regard vers Noah, comme un avertissement, ce qui ne faisait ni chaud, ni froid à l'intéressé.Mais avec un peu de chance, si le bouche à oreille fonctionne, d'ici quelques mois on se sera fait un petit nom. Après, le temps fera le reste.

L'idée était simple. Et ils avaient tous envie de se jeter dans l'aventure. En les regardant bien, qui aurait pu penser alors que ce grand costaud balafré pourrait se lier avec eux ? Mathys, un gars portant des lunettes bien trop grande pour lui, brun aux cheveux mi-long, aimant lire et déverser sa science dès qu'il le pouvait. Qui était d'un naturel discret mais qui gérait à la perfection les relations humaines. Trop chétif pour être d'une utilité quelconque dans un combat, quel qu'il soit, mais qui était indispensable pour la gestion des tâches quotidiennes. Et sa soeur de quatre ans son aîné, Emmy, qui était une débrouillarde. Qui ne se laissait pas faire et qui ressemblait pas mal à Noah mentalement parlant. Elle était en quelque sorte le garde du corps officiel de Noah, même s'il estimait ne pas du tout en avoir besoin. La brune était petite mais athlétique. Les cheveux coupées au carré, les yeux verts, l'air revêche presque en permanence. Plutôt jolie, elle avait toutefois une particularité physique : il lui manquait deux doigts à la main gauche qui, bien qu'elle soit droitière, continuait de la gêner au quotidien. Oui. Ils formaient une équipe complémentaire. Et ces deux-là étaient prêts à tout pour l'Irlandais. Vraiment à tout.

Ainsi naquit l'agence de Noah et de ses Kinfolks. Ainsi débuta l'aventure de l'Irlandais comme détective, accompagné de ce qu'il appelait "sa milice perso".
FIN

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