Soirée pourrie [Marcus - Noah]

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Message Sujet: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Lun 6 Nov - 20:12
Ça avait été une soirée tranquille au taf - pour ne pas dire que je m'étais fait chier comme un rat mort.
Bosser dans une supérette avait ses avantages, comme le fait de pouvoir se servir dans les rayons, mais ce n'est pas vraiment le job le plus passionnant qui soit, en particulier quand les horaires doivent s'accommoder de ceux de mes cours en supplément. Chicago avait beau être une ville survoltée, même elle avait ses moments d'accalmies : l'heure de pointe était passée depuis longtemps alors que je conduisais pour rentrer chez moi.
J'avais fait une bonne affaire en achetant cette voiture* : la seule raison à son prix dérisoire était son grand âge, mais elle roulait encore parfaitement. C'était une chance : je doutais qu'on puisse encore trouver les pièces pour la rafistoler si elle devait avoir un problème. Ça faisait deux ans maintenant, et elle avait passé son premier technique sans l'ombre d'un reproche. La preuve, s'il en est, que les vieux modèles sont souvent plus fiables que la merde qu'on nous vend aujourd'hui.

Je n'avais qu'une hâte : celle de rentrer et me coucher.
J'étais peut-être solide comme gars, mais ce n'est pas pour autant que j'allais apprécier d'enchaîner huit heures en classe et quatre heures au turbin, sans compter les temps de trajet - qui, selon la circulation et la période de l'année, pouvaient rapidement s'étirer au point que j'aie pris la peine de stocker quelques comics dans la boite à gants, « en cas d'urgence ».
Le bon côté à rentrer aussi tard - il devait être vingt-trois heures - était que le parking était pratiquement désert, vidé des vieilles carlingues des profs et autres visiteurs journaliers. C'était un espace en plein air, à quelques dizaines de mètres de la zone habitée ; pas assez près pour gâcher la vue depuis l'un des appartements, mais suffisamment pour être là en quelques minutes à peine si une alarme se mettait à sonner.

Je gagnais peut-être de quoi mener une vie confortable, mais pas au point de me payer une place dans l'un des emplacements plus huppés, qui revenaient presque deux fois plus cher ; et puis, j'étais peut-être un peu paranoïaque mais j'aime avoir mes affaires près de moi, là où je peux les tenir à l'oeil. Même si l'université était peut-être l'une de ses parties les plus saines, Chicago n'était pas vraiment ce que j'appellerais un endroit sûr - et pourtant, à force de déménagements, j'avais visité des endroits bien craignos.
Et donc, je me parquais avec toute l'aisance que peuvent apporter deux années à répéter jour après jour les mêmes gestes. Une routine bien huilée. Vous pourriez dire que ma vie manquait de fantaisie, et je ne pourrais pas vous contredire - mais c'était la mienne, et je devais faire avec. Et puis, ce n'est pas vraiment comme si j'avais le temps de la pimenter, de toute façon.

Récupérant les quelques provisions que j'avais embarquées sur le siège passager, j'ouvris ma portière - et aperçus une silhouette que je supposais être celle d'un homme au milieu des autres bagnoles, la rousseur de sa tignasse restant assez visible même dans la pénombre. Il avait l'air de chercher quelque chose, et ne semblait pas m'avoir remarqué.
J'espérais que ce n'était pas encore un clochard ; Ernie, le gardien chargé de surveiller les entrées et sorties à cette heure, avait la vue qui baisse et par conséquent tendance à ne pas voir tout ce qui se faufilait sous la barrière...

Dans le doute, j'aurais préféré l'éviter... Mais malheureusement, il était en plein sur le chemin menant à mon appartement ; tenter de passer sur les côtés aurait presque immanquablement attiré son attention.
Au lieu de tenter ma chance, je décidais donc d'aller droit sur lui, mon paquet sous le bras, m'armant de toute l'assurance qu'on peut avoir dans ce genre de situation (c'est-à-dire pas grand chose, c'est un peu le malaise des deux côtés), me préparant mentalement à lui faire comprendre qu'il n'était pas à sa place s'il le fallait ; ce n'était pas comme s'il y avait quelqu'un pour le faire dans les parages.

Hem. Monsieur ? Je peux vous aider ?

* Chevrolet Impala, 1967


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Dernière édition par Marcus Preston le Mer 8 Nov - 9:06, édité 1 fois

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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Mar 7 Nov - 18:38
Franchement, elle me cassait les couilles. Elle perdait ses clés et c’était à moi d’les retrouver ? OK, j’avais perdu à la courte paille. OK, l’idée du tirage au sort était venue de moi. Mais si j’avais su qu’j’me ferai rouler, j’l’aurai laissé se démerder. Mais non ! Il avait fallu que j’ouvre ma grande gueule. Et j’devais assumer. Ah j’les voyais d’ici, ces deux blaireaux. Ils devaient bien s’foutre de ma gueule. Puis elle était gentille, Emmy, mais comment j’allais faire pour mettre la main sur ces PUTAIN de clé ??

Oui, Noah était clairement agacé. Les clés de la voiture d’Emmy étaient sans doute tombées dans le parking et le rouquin avait été désigné pour les retrouver. Ayant les sens les plus affutés, cela pouvait paraître logique. Mais le colosse ne partageait évidemment pas ce point de vue. Il était doué pour retrouver une personne ou un animal en utilisant son odorat mais c’était vraiment inutile pour retrouver un objet. Un pari étant un pari, il s’était rendu ici en grognant mais déterminé à remettre la main sur l’objet. Encore fallait-il qu’elles y soient, puisque la jeune femme n’était pas sûre du tout de les avoir perdus par ici.

Ainsi furetait-il un peu partout, regardant sous les bagnoles, près des trottoirs, dans les allées. Il avait retracé le parcours de la Kinfolk afin de s’assurer de ne pas passer à côté d’une zone importante. Pour le moment sans succès. Et ça commençait sérieusement à jouer sur ses nerfs. La question de l’inconnu le tira de sa recherche. Il haussa simplement les épaules, l’air dépité.

    - Si seulement c’était possible, ça m’arrangerait bien, mon gars. J’cherche des clés d’merde. Ma pote a dû les perdre dans l’coin. J’te jure. Bien la peine de filer des trucs à une gonzesse si c’est pour qu’elle ne sache plus où elle les a foutus. Quelle conne, j’te jure !

Il paraissait un peu dur mais faut dire qu’il était bien énervé aussi. Le gars face à lui devait sans doute le prendre pour un poivrot. C’est qu’on ne trouvait pas grand monde à cette heure-ci dans les parkings, en dehors des SDF et des alcooliques. Fort heureusement, il n’était ni l’un, ni l’autre.

    - Désolé, j’suis un peu soûlé ! J’avais franchement autre chose à foutre que d’traîner dans l’coin. Et toi ? Qu’est-ce que tu glandes ici, si j’peux m’permettre ? Tu cherches un truc aussi ?

On avait fait mieux pour entamer la discussion avec un parfait inconnu mais Noah était ainsi. Grande gueule mais pote potentiellement sympa quand on le connaissait bien. Pour le moment, la recherche des clés passerait au second plan si on lui offrait une occasion de faire autre chose. Malheureusement pour ce type, il représentait une occasion unique au colosse de lui faire faire autre chose.

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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Jeu 9 Nov - 19:52
À le voir de plus près, le type devait avoir entre trente et quarante ans. Les cicatrices qui lui traversaient le visage lui donnaient un air dangereux. D'après leur forme, on aurait pu croire qu'il avait été agressé par un quelconque animal sauvage ; pas franchement rassurant. Sa façon de parler ne collait pas à son âge apparent, mais qui étais-je pour en juger ?
En tout cas, il n'avait pas vraiment l'apparence d'un prof - ce qui laissait en suspens la question de savoir ce qu'il pouvait bien venir foutre ici. Je sentis mon sourcil se lever, comme animé d'une volonté propre quand il commença à m'expliquer. Chercher des clefs ? À cette heure ?
Je ne pouvais m'empêcher d'être méfiant ; plusieurs fois ces derniers mois, on avait entendu parler d'une nouvelle technique de vol de voiture aux informations. Une personne approchait le conducteur sous prétexte de demander son aide ou un renseignement pour faire diversion, et son complice débarquait ensuite pour lui coller un flingue sous le nez.
Dans ma poche, ma main se resserra imperceptiblement sur mon propre trousseau. Si l'endroit semblait un peu trop dégagé pour se livrer à ce genre de manoeuvre, ça ne voulait pas dire que le risque n'existait pas. Ce serait beaucoup d'efforts pour rien, ma caisse étant sûrement trop vieille pour en tirer un grand prix - mais ça ne voulait pas dire que j'allais la laisser à qui que ce soit.

Vous devriez attendre jusqu'à demain, lui dis-je d'un ton dans lequel je m'efforçais de ne pas trop laisser paraître ma réserve. Je doute que vous trouviez grand chose à cette heure. Votre amie est étudiante ?

À supposer que ces clefs ne soient pas le fruit de son imagination, il aurait nettement plus de chances de les repérer au petit matin qu'en pleine nuit sur une aire abritant des dizaines de véhicule - si tant est que quelqu'un n'ait pas déjà roulé dessus. Ce n'était pas vraiment le meilleur endroit pour perdre ce genre d'objet - et par là, j'entends le genre « destructible ».
Je m'apprêtais à suggérer que son amie ait pu les oublier à l'intérieur de son tacot, mais m'en abstins de peur que la remarque sonne plus misogyne qu'elle ne l'était dans ma tête. Si lui-même ne mâchait pas ses mots à son égard, ça ne voulait pas dire qu'il en tolérerait autant de ma part. Je devais d'ailleurs reconnaître que s'il jouait la comédie, il feignait assez bien la frustration pour donner le change.

Je, euh, j'habite ici, répondais-je en désignant le bloc d'appartements d'un geste vague - je ne tenais pas non plus à lui indiquer précisément où je vivais. On me donnait souvent un peu plus que mon âge, mais il me paraissait clair que je n'étais pas venu me garer ici à cette heure pour jouer de l'accordéon... Et d'ailleurs, j'ai des trucs à mettre au frais, alors...

Je soulevais légèrement le sac en papier kraft contenant mes provisions et me parais d'un léger sourire gêné. Ce n'était pas tout à fait vrai, à moins de considérer les bières comme faisant partie de cette catégorie - mais si crédible que paraisse son histoire, je ne tenais pas à m'attarder ici plus longtemps que nécessaire.
Je ne me considérais pas comme une poule mouillée, loin de là, mais ça ne voulait pas pour autant dire que je devais chercher les ennuis. Avant que j'aie pu commencer à m'éloigner, je remarquais une fois encore que son visage balafré éveillait chez moi un étrange sentiment de familiarité : l'aurais-je déjà vu quelque part ?



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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Sam 11 Nov - 8:59
Attendre demain ? Il en avait d'autres des comme ça ? C'est que j'pouvais pas attendre le lendemain,
moi. Déjà parce que Emmy allait clairement m'casser les couilles si je revenais sans. Puis surtout, il suffisait qu'un gus trouve les clés et se tire avec pour qu'on l'ait dans l'os. Cette ville, c'était quand même pas le repère des mecs les plus honnêtes du monde hein. Puis maintenant qu'il savait, j'suspectais qu'il veuille me tirer les clés. A bien l'regarder, j'le trouvais louche en fait.


Noah n'était pas du genre parano mais comme il était un peu agacé par sa recherche, il interprétait les mots et les réactions de l'homme face à lui. Et une fois n'est pas coutume, il se plantait évidemment sur toute la ligne. Le Roi du quiproquo avait encore frappé. Jamais il ne s'était dit que son propre comportement pouvait déclencher les doutes ou la peur chez les autres. Pour lui, qui réagissait qu'à l'instinct, il agissait comme il fallait. Mais le regard des hommes était différent de celui des loups. Là encore, on en avait la preuve.

    - Emmy, étudiante ? Pas vraiment non. Son frangin a un appart' dans l'coin. Et de toi à moi, j'peux pas attendre demain. C'est qu'il y a un peu de tout qui traîne dans l'coin. J'aimerai pas que quelqu'un d'autre les trouve.

Il appuya un peu trop son regard, comme pour signifier que ce "quelqu'un" pouvait très bien être lui. Après tout, il ne le connaissait pas du tout. Il y avait une sorte de tension ici. Et Noah ne comprit que tardivement que c'était sans doute à cause de lui. Le type commençait déjà à vouloir partir, sans doute pour fuir la présence du Lupin. Alors que le lien se faisait dans son esprit - un peu de respect, ce n'était clairement pas le loup le plus intelligent de la terre - il ne put réprimer son amusement. Un large sourire barrait désormais son visage, ce qui accentuait plus encore son côté menaçant même s'il ne s'en rendait pas compte.

    - Désolé mon pote, j'viens d'capter que ça pouvait paraître un peu louche de traîner dans l'coin comme ça. J'voulais pas t'effrayer. T'inquiète, t'as rien à craindre. Généralement,
    j'suis plutôt du bon côté.

Quelque chose attirait son attention. Quelque chose qui se dégageait de cet homme. Il ne parvenait toutefois pas à mettre la main dessus. De par sa nature de Lupus, ses sens étaient plus développés que ceux de beaucoup de Garou sous forme humaine. Même s'ils étaient amplifiés lorsqu'il revêtait sa forme naturelle. Et l'odeur de ce lascar l'intriguait. Elle dégageait un parfum étrangement familier. Un peu sauvage. Son instinct prit le relais et il se rapprocha de lui. Son attitude pouvait paraître étrange, certes, mais Noah était réellement intrigué.

    - T'es sûr qu'on ne s'connait pas ? J'sais pas. Normalement, j'oublie jamais une odeur. Là, y'a quelque chose de bizarre. Tu traînes de temps en temps vers le Lincoln Park ?

Là encore, moins habitué que la plupart des siens au langage humain, il venait de lâcher une information qui pouvait le faire passer pour un dingue. Logiquement, il aurait clairement pas du parler d'odeur. Maintenant, y'avait clairement de très fortes chances que le gars se casse en courant. Quant à sa question, elle n'était pas anodine pour autant. Etait-il un Kinfolk ? Ce qui expliquerait que son odeur l'interpelle.

En tout cas, ce gars n'avait sans doute jamais connu une rencontre aussi... Particulière.


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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Sam 11 Nov - 19:18
Je me contentais de hocher mollement la tête. Le coin était relativement clean comparé au reste de Chicago, mais je pouvais comprendre son appréhension. Dans tous les cas, ce n'était pas mon problème.
Comme beaucoup de monde, il m'arrivait d'avoir une poussée d'altruisme une fois de temps en temps, mais ce n'était pas le soir pour me demander de jouer les bons samaritains : j'avais eu une longue journée, et ma veste en cuir, malgré son col en fourrure, ne suffisait pas à me protéger de la froideur de l'hiver.

Ce qu'il me dit à propos du frère de sa pote passa par une oreille et ressortit par l'autre alors que ma méfiance était lentement remplacée par une forme de lassitude. Je n'avais qu'une hâte : celle de rentrer chez moi pour prendre une douche chaude, m'ouvrir une bière et manger un morceau en regardant un programme débile à la télé jusqu'à m'endormir dans le fauteuil.
Ça n'avait peut-être l'air de rien, dit comme ça, mais c'est le seul réconfort que je pouvais espérer entre deux journées de galère, et chaque minute passée à lui prêter l'oreille était une minute de plus en-dehors de mon doux foyer.
J'avais essayé d'être poli, mais s'il continuait de me tenir la jambe, j'allais devoir trouver un autre moyen de m'esquiver. Enfin, au moins, il avait l'air de commencer à se rendre compte que son look le classait plus facilement dans la catégorie « croque-mitaine » que « passant amical » ; c'était déjà un progrès.

C'est pas vraiment le genre d'endroit où on s'attend à faire des rencontres, approuvais-je, encore moins à cette heure. Comme vous l'avez dit vous-même... - un léger sourire sarcastique étira mes lèvres - Il y a un peu de tout qui traîne, dans le coin. Enfin bref, vous devriez peut-être essayer d'aller voir à la réception, lançais-je à tout hasard, la tête tournée dans la bonne direction - le bâtiment était indiqué par une pancarte, de toute façon. La lumière avait l'air d'être encore allumée, mais ça pouvait très bien être le service de nettoyage. Je haussais faiblement une épaule : Je ne sais pas s'il y aura encore du monde aussi tard, mais peut-être que quelqu'un les leur aura rapportées.

C'était à peu près le meilleur conseil que je puisse lui donner ; ce serait en tout cas toujours mieux que de faire le tour du parking en espérant trouver un objet brillant - méthode qu'il avait déjà dû essayer avant que j'arrive, sans grand succès. Enfin après, si ça l'amusait de jouer les chiens renifleurs... Estimant avoir rempli mon devoir civique, je lui adressais un signe de tête et commençais à me retirer lorsqu'il m'interpella une nouvelle fois. Je me retournais vers lui, dressant un sourcil :

Mon... Odeur ? Par acquit de conscience, je levais le bras à mi-hauteur pour vérifier mon aisselle - et ne sentis rien d'autre que le parfum commun du déodorant bon marché dont je m'aspergeais religieusement chaque matin ; je l'achetais au travail par paquet de douze. J'aurais pu m'indigner de sa remarque, mais préférais prendre sur moi : ça n'aurait fait que prolonger une rencontre qui commençait sérieusement à me mettre mal à l'aise. Lincorn Park ? Qu'est-ce que j'aurais été foutre à Lincoln Park ?

Pas depuis un bail, déclarais-je d'un ton las. Je me forçais cependant à faire preuve d'encore un peu de patience, ne désespérant pas de me sortir de là sans embrouille même si ça semblait mal barré à ce stade. L'irritation commençait à poindre dans ma voix : Écoute mon pote, je sais pas ce que tu me veux mais quoi que tu proposes, je suis pas intéressé, d'accord ? Maintenant, j'ai encore trois étages à me taper sans ascenseur et ma vaisselle à faire, alors si tu veux bien m'excuser...


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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Dim 12 Nov - 14:24
Noah n'écoutait déjà plus le pauvre gus qui se trouvait face à lui. L'odeur était trop caractéristique, trop familière, pour n'être rien du tout. Les mots entraient par une oreille pour s'échapper par l'autre. Pour le moment, même le ton du bonhomme ne lui faisait ni chaud ni froid. Il se contrait seulement sur l'effluve qu'il avait perçu. Faisant appel à ses sens, à son instinct, il comprit. Ce gars était un Garou. Il prit une grande inspiration, laissant l'odeur l'imprégner complètement. Il ferma les yeux. Pour les rouvrir aussitôt. Oui, plus de doute maintenant.

    - Ferme-là juste deux secondes, tu veux ? J'réfléchis !

Plus de place pour la politesse de façade, cette révélation changeait clairement la donne. Son odeur n'était pas celle d'un simple Kinfolk. Il était plus que cela. Mais elle n'était pas aussi prononcé que celle qui émanait des Garous qu'il côtoyait d'ordinaire. Avait-il seulement conscience de ce qu'il était ? Était-il simplement un louveteau ayant découvert sa malédiction récemment ? Noah se demandait comment amener la discussion sur ce terrain. C'est qu'on était stricte avec la litanie. Mais si ce gars était un jeune Garou, peut-être qu'il ne savait pas comment réagir.

J'me souvenais encore de l'état d'esprit qui avait été le mien lorsque ma première mutation avait eu lieu. Des dégâts que j'avais fait alors que je laissais ma fureur prendre le pas sur moi. On m'avait accompagné. Aidé. Formé. Et aujourd'hui, c'était moi qui avait ce rôle. J'savais pas vraiment si ce mec avait besoin d'aide. Mais c'que j'savais, c'est que j'allais devoir garder l'oeil sur lui un temps. Juste au cas où. Restait à voir comment. Le suivre était une solution. Mais il allait s'méfier maintenant. Ou alors mettre les pieds dans le plat et balancer l'info comme ça. Oh puis merde !

    - J'sais c'que t'es, mon gars. Un louveteau. On peut pas m'la faire. Sérieux mais c'putain de hasard quoi ! Celle-là, elle est énorme.

Il était aussi possible qu'il se soit transformé il y a des années de cela et qu'il soit simplement nouveau dans le coin. Mais qu'il appartienne à une meute rivale ou qu'il soit nouveau, ça ne changeait pas la donne. Sa décision était prise. S'il se tirait d'ici, il remonterait sa piste pour savoir où il vivait. Alors qu'il était plongé dans sa réflexion, il avait tourné le dos au gamin. Si ce dernier souhaitai se casser, c'était maintenant. Et dire qu'au départ, il était là pour chercher des clefs...


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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Mar 14 Nov - 8:38
Je fronçais les sourcils quand il se permit de me dire de la boucler. Et puis quoi encore ? Non que je tienne à lui parler plus que je ne l'avais déjà fait ; ce type commençait sérieusement à me courir sur le système. Je ne savais pas pour qui ou quoi il me prenait, et je n'avais aucune envie de le savoir. Je n'eus toutefois pas le temps de me retourner qu'il me fit part de sa dernière hypothèse : celle que j'étais un... Louveteau ?
Quoi, ce type était moniteur chez les scouts ? Je m'en sentais presque insulté : qu'est-ce qui pourrait lui faire croire que ça avait quoi que ce soit à voir avec moi ? J'avais à peine atteint l'âge réglementaire que le concept en lui-même m'apparaissait déjà comme profondément stupide ; un week-end en pleine nature avec mon père lors de ses rares permissions devait m'en apprendre plus sur la survie qu'ils ne le feraient jamais.
Tout ce qu'il pouvait voir sur mon visage était un intense scepticisme - excepté peut-être une irritation palpable ; je n'étais plus en mesure de le cacher désormais. Consterné, je passais la main sur mon visage, réprimant au mieux la réplique acide qui me montait aux lèvres. Je ne l'avais pas approché d'assez près pour savoir s'il sentait l'alcool, mais n'avais plus grand doute sur la question, à dire vrai.
Lorsque je le relevais la tête, je lui adressais toutefois un large sourire. Si l'envoyer bouler ne marchait pas, autant jouer son jeu : peut-être allait-il enfin finir par me lâcher la grappe.

C'est ça, mon gars. Si tu veux. Écoute, j'ai pas le temps de discuter, on verra ça une prochaine fois. Allez, bonne chance avec tes clés, hein.

Je lui adressais un vague signe de la main et m'éloignais vers mon immeuble avant qu'il ait pu enchaîner, jetant occasionnellement un oeil par-dessus mon épaule pour m'assurer qu'il ne soit pas derrière moi.
J'avais tendance à croire que s'il avait voulu s'en prendre à moi, il l'aurait sans doute déjà fait, mais on ne sait jamais avec ce genre de cinglé ; autant ne pas prendre de risque inconsidéré. La dernière chose que je veuille était qu'il me suive à l'intérieur ; malgré la prolifération des caméras ces dernières années la surveillance était minime à cette heure.

Putain de taré, marmonnais-je entre mes dents alors que j'entrais la combinaison, tentant de reprendre mon calme.


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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Sam 18 Nov - 10:25
Si seulement il s’était rendu compte qu’il effrayait son interlocuteur, peut-être aurait-il changé son fusil d’épaule. Il avait beau se montrer obstiné, il savait qu’on n’obtenait rien d’un loup apeuré. Il fuyait. Et l’homme était à deux doigts d’agir ainsi. Sa réplique aurait sans doute refroidi n’importe qui maos le colosse ne prêtait vraiment aucune attention à l’envie de ce type de s’éloigner de lui. Il était si sûr de lui qu’il trouvait simplement dommage de voir un Garou le fuir alors qu’ils appartenaient à la même ethnie. L’autre prit finalement le chemin de son appartement, laissant le Lupus derrière lui, sans demander son reste.

Malheureusement pour le pauvre bougre, Noah avait enregistré son odeur. Il était simplement hors de question qu’il le laisse rentrer sans savoir où il vivait. Pas seulement par curiosité mais aussi et surtout pour le danger que pouvait représenter cet homme s’il n’avait pas véritablement conscience de ce qu’il était. Un Garou prit de frénésie était capable de tout. Le Caern ne pouvait permettre que l’on prenne ce risque. Noah non plus même si c’était le plus pur hasard qui l’avait conduit ici. Il décida donc de remonter la piste. S’il y parvenait.

J’étais quand même pas tombé sur l’morceau le plus facile à suivre. Sur ce parking de merde, les odeurs se mêlaient les unes aux autres. Les clochards du coin prenaient les lieux pour leur chiotte et j’étais pas très sur de moi. Puis j’voulais surtout qu’il ne voit pas ma grosse carcasse le suivre. J’préférais éviter qu’il appelle les flics. J’faisais donc au mieux pour réussir ma p’tite filature, même si malheureusement, et comme me le sortait si souvent Emmy, c’était pas trop ma spécialité. Faut dire qu’c’était quand même pas facile hein !

Il parvint finalement à le rejoindre. Mais trop loin pour distinguer le code, il se résigna à pousser plus loin son investigation. De toute façon il n’était clairement pas réceptif à la discussion et Noah préférait donc attendre le moment propice. Une vieille habitude le prit, toutefois. Et même s’il s’accommodait de plus en plus des habitudes humaines, ses gênes lupins restaient prédominantes. Un garou vivait ici. Sur un territoire que Noah considérait comme sien. Il était donc temps de marquer celui-ci pour que l’autre comprenne ce qu’il en retournait. Il ne le saurait pas de suite mais s’il se transformait, les odeurs viendraient s’imposer à lui.

Ainsi se rapprochait-il alors que la porte se refermait derrière l’inconnu. Puis là, veillant à ne pas se faire remarquer, il se mit à uriner sur la façade proche de la porte, histoire d’y laisser ses marques. Se soulager de la sorte n’était évidemment pas quelque chose à faire mais dans le monde du Fianna, c’était ainsi que l’on marquait son territoire. Et les limites de ce dernier. Maintenant que la chose était faite, il lui fallait regagner la chambre de Mathys. Revenir bredouille car n’ayant pas retrouvé les clés d’Emmy. Mais cela était tombé dans les oubliettes, accaparé qu’il l’avait été par cette petite chose sans poil qui venait de le fuir. Ils se retrouveraient. Le Fianna en était intimement convaincu.

Citation :

Fin du rp pour moi - Logique RP. On s'en refait un bientôt °°

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Message Sujet: Re: Soirée pourrie [Marcus - Noah]   Mar 21 Nov - 13:17
Arrivé à mon appartement - je n'avais pas menti : ces escaliers étaient une sérieuse plaie -, je refermais derrière moi à double-tour.
Sans connaître la combinaison, il n'y avait aucun moyen que ce maniaque puisse me suivre à l'intérieur : l'entrée de l'immeuble s'était dotée d'une porte blindée il y a quelques années lors du renforcement global de la sécurité suite aux attentats, avant même que j'emménage.
Il commençait à être un peu trop collant pour son propre bien, et s'il n'avait témoigné d'aucun comportement violent à mon égard, ça n'aurait pas forcément été vrai en sens inverse si je l'avais laissé se cramponner plus longtemps.

En deux ans depuis mon arrivée, ce n'était pas la première fois qu'un malade croisé dans les rues de Chicago croyait retrouver en moi un ami de longue date, mais c'était toujours aussi impressionnant - et il y avait quelque chose de particulier à propos de celui-ci qui me mettait encore plus mal à l'aise.
Je rangeais ma bière au frigo et les deux-trois autres bricoles que j'avais ramenées dans les placards, et décidais de me servir quelque chose d'un peu plus fort avant d'aller m'effondrer dans le fauteuil.

J'avais encore une vieille bouteille de Jack qui traînait dans un coin pour les grandes occasions ; échapper à un taré qui essayait de me convaincre que j'aurais dû aller vendre des boites de cookies quand j'étais encore en âge de porter des shorts n'en était pas vraiment une, mais je pouvais bien me permettre une exception.
J'allumais la télé, tout en sachant très bien que les programmes que j'y trouverais à cette heure n'avaient rien de passionnant mais que je n'aurais pas le courage d'aller jusqu'au lecteur DVD pour y mettre quelque chose d'un peu plus en accord avec mes goûts. La vie est faite de compromis.

Je ne mettrais pas longtemps à m'endormir, affalé contre le dossier que j'observais une fois de plus devoir rembourrer, sans même trouver la force de quitter mes vêtements ou d'aller jusqu'à la douche : ça attendrait demain.
Et si d'habitude je ne me rappelle pas de mes rêves, je me souviens distinctement que cette nuit-là, ils étaient peuplés de griffes et de crocs - et semblaient terriblement réels.

Citation :
Idem. Merci pour ce RP !


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