[PV Noah - 1994] Pourquoi souris-tu lune gibbeuse ?

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Message Sujet: [PV Noah - 1994] Pourquoi souris-tu lune gibbeuse ?    Sam 11 Nov - 13:31
Le vrombissement d'un engin lancé à pleine vitesse perturba le silence de la nuit. Cendres et poussières dansaient dans l'esprit de l'adolescente juchée sur sa monture de métal. La lune gibbeuse qu'elle savait au dessus de sa tête l'obsédait, était semblable à une arme écorchant sa peau, son âme et son cœur. D'un geste de rage, elle arracha son casque qu'elle lança derrière elle, libérant ainsi sa chevelure d'un rouge vif, secouée par la vitesse de plus en plus vertigineuse. Quelques larmes s'envolèrent du coin de ses yeux, perles cristallines dans le noir. Jeune et déjà pleine de rage qui la fit exulter, pousser un cri dans les ténèbres. Son corps entier se crispa sur sa moto. À bout de souffle, enivrée par sa course et le vent chargé de nouvelles senteurs, la jeune fille s'abandonna à une autre musique. D'un geste machinal qui trahissait une habitude profondément inscrite en elle, la rouquine chercha un peu de réconfort en plaçant son casque audio sur ses oreilles. Son visage se décomposa en reconnaissant la chanson favorite de son père, « sweet dreams », d'Eurythmics.

« Putain ! »

Jura t-elle en cherchant à changer de son. Ses yeux quittèrent un instant la route. Une poignée de secondes qui suffit à lui faire prendre le contrôle. Sans comprendre la musicalité du Destin, la fille O’Murchadh en subit les accords les plus rudes.

« Papa… Maman... »

Ses yeux eurent peine à s'ouvrir. Où était-elle ? Pourquoi se sentait-elle écrasée par un poids gigantesque ? Goût de sang dans la bouche. Morrigan se demanda si elle allait mourir ici, loin de chez elle. Sa maison ? Il n'en restait plus rien. Au moins se consolait-elle en se disant qu'elle n'allait pas perdre de temps à rejoindre ses parents.

Ses doigts se refermèrent sur son walkman ironiquement intacte. La chanson se poursuivait, elle pouvait vaguement l'entendre alors qu'elle glissait dans l'inconscience.





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Message Sujet: Re: [PV Noah - 1994] Pourquoi souris-tu lune gibbeuse ?    Sam 11 Nov - 14:32
Il avalait les kilomètres, se laissant aller à ses instincts les plus simples. Ceux de la chasse. Il remontait la piste depuis deux heures maintenant, se délectant d'avance du repas qu'il allait faire. La lune éclairait la campagne, projetant l'ombre du loup dans les champs et les bois qu'il traversait. Il ne se pressait pas. Il était moins rapide que la horde qu'il pourchassait, se fatiguer était donc inutile. Lui, il plaçait toutes ses chances en son endurance. Il pouvait courir ainsi des heures durant sans épuiser ses réserves, remontant la piste olfactive.

Noah aimait ces moments. S'il appréciait la chasse en meute, il appréciait aussi se retrouver en solitaire pour se ressourcer. Il n'avait alors à se fier qu'à ses sens, sans hiérarchie, sans obligation. Cela faisait maintenant deux ans qu'il avait rejoint le Caern de Chicago. Et depuis, il avait débuté son ascension. Protecteur du Caern, il prenait plaisir à éduquer les louveteaux de la meute. Il était de son devoir d'encadrer la nouvelle génération, comme on l'avait fait avec lui. La plupart d'entre eux ne muterait pas, il en avait conscience. Mais lui qui était né lupus se moquait bien de ce détail. Car il s'agissait de sa famille, en sens large, et son rôle était donc de garantir la protection de celle-ci.

J'sentais le vent m'envelopper, comme un véritable cocon protecteur. Apportant avec lui les odeurs de ce qui se trouvait aux alentours. Au travers de cette campagne, j'étais aussi silencieux que la mort elle-même. Même pas besoin de m'arrêter pour poser le museau au sol, je percevais distinctement ma proie. J'n'étais plus très loin de mon gibier. J'sentais qu'il baissait l'allure alors que moi, j'gardais l'rythme. J'avais hâte de me payer un bon gueuleton. J'en salivais d'avance. Pas de partage, ce repas serait mien.

Contrairement à beaucoup de Garou, Noah était né loup. Sa forme véritable était celle-ci. Il se sentait complet seulement lorsqu'il reprenait cette forme. Parcourir la campagne lui procurait un plaisir indescriptible. Ses pattes heurtaient la terre, ne laissant que de maigres empreintes qui seraient rapidement balayés par Mère Nature. Alors qu'il remontait les traces du gibier qu'il chassait, il s'aperçut qu'il s'était un peu trop rapproché de la route. Bien qu'il ne soit pas incohérent de voir une bête sauvage dans le coin, il préférait ne pas attirer l'attention sur lui. Tandis qu'il s'apprêtait à s'éloigner, il perçut non loin de sa position une vive lueur. Celle d'un phare. Un véhicule. A peine portait-il le regard dans cette direction que les choses se gâtèrent. Ce fut l'accident.

Il s'arrêta net, observant la scène. Les images semblaient défiler au ralenti dans son esprit lupin. La moto fit un écart, emportant avec elle son ou sa propriétaire. Un humain de plus qui allait périr dans un accident de la route, telle fut la seule pensée du loup. Mais mue par la curiosité, il décida de se rapprocher de la scène. Il n'était plus qu'à quelques coudées lorsque le vent lui porta de nouvelles odeurs. Par réflexe, son corps se coucha au sol, ses oreilles se tournèrent de part et d'autre de sa tête, comme pour écouter les murmures autour de lui. Son museau se leva, reniflant l'air afin de savoir d'où provenait les effluves senties quelques instant auparavant. Il localisa la source en un instant.

Bordel. Un loup-garou. Cette odeur, ça ne pouvait pas être autre chose. Fallait que j'aille voir !

Il reprit sa course pour arriver jusqu'à l'accidentée. Alors même qu'il voyait les yeux de la jeune femme se fermer - inconscience ? mort ? - il prit la décision de prendre sa forme Homid. En une seconde, il changea. Ses membres s'allongeaient tandis que son visage reprenait forme humaine. De loup, il devint homme. Nu comme un ver, certes, mais ce n'est pas comme s'il avait prévu de faire une rencontre. Il écarta la moto d'un geste du bras, comme si elle n'avait rien pesée, et s'abaissa près de la silhouette. Elle respirait encore. Il sentit la jeune femme. Elle était bien l'un des leurs. Mais l'odeur était très sauvage. Une mutation récente, sans le moindre doute. Un louveteau pour lui. Il glissa ses bras autour d'elle pour la hisser sur son épaules. Lors de sa course, il avait traversé un champ abandonné, avec une ancienne hutte. L'endroit parfait pour emmener l'accidentée.

*** Quelques instants après, au coeur d'une ancienne maison ***

Il avait déposé la jeune femme sur une table et avait tenté de panser ses plaies. Il les avait léché comme il le faisait pour les jeunes loups. Afin de ne pas perturber cette dernière, il s'était drapé de quelques vieux vêtements qu'il avait trouvé par ici. Elle commençait à se réveiller. Posté contre le mur, il prit la parole.

    - Ne bouge pas trop, jeune louve. Tes blessures ne sont pas graves, sans doute grâce à ton héritage. M'en suis occupé mais t'étais pas loin d'te tuer quand même. Ici, t'as rien à craindre. Comment tu t'sens ?

Il était persuadé qu'elle avait vue sa transformation avant de sombrer dans l'inconscience. Mais comment avait-elle interprété les choses ? Il allait vite le savoir.


Utilisation du don "Sentir la vraie forme" - automatique sur un Garou

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Message Sujet: Re: [PV Noah - 1994] Pourquoi souris-tu lune gibbeuse ?    Dim 12 Nov - 12:39
Morrigan, avec lenteur, se redressa. Elle leva son regard vers l'homme, le considéra un long moment puis, sans un mot, se mit sur ses deux jambes. Un peu nauséeuse, chancelante, l'adolescente semblait chercher quelque chose parmi les affaires qu'on lui avait retiré afin de la soigner. Ses recherches furent infructueuses et l'expression de son visage afficha clairement son mécontentement. Poings sur les hanches, la demoiselle, d'une voix irritée, lança à l'étranger :

« Il est où mon walkman ? »

Elle avait des yeux étranges, nouveau témoignage de sa récente mutation. L'un était d'un vert profond, rappelant l'océan couvé par un ciel d'été et l'autre était à la fois sauvage et mordoré. La Fianna ne s'en rendrait compte que bien plus tard. La seule chose qui importait, c'était de retrouver ce fichu appareil.

« Et puis t'es qui toi d'abord ? » Une pause, elle parut se calmer quelque peu : « J'vais bien… j'ai toujours été solide ouais. »[/b]

Ses yeux vairons glissèrent vers l'au-dehors, d'où elle pouvait encore voir cette maudite lune gibbeuse être avalée par un nuage. La jeune louve frissonna, marmonna des propos dans sa langue natale, mélange d'insultes et de lamentations, pour finalement s'asseoir à même le sol. Elle sanglota.

« T'aurais dû me laisser crever sous la bécane, une mort digne d'un Valraven. D'un O’Murchadh. »

Son « héritage » comme l'avait dit le roux quelques minutes auparavant. Seule, la toute jeune fille se calma.

« Alors t'en es un toi aussi, hein ? J'crois que je l'ai vu toute à l'heure mais… j'avais cru rêver. Papa m'en avait parlé aujourd'hui, il a dû sentir que... »

Morrigan n'acheva pas sa phrase et se plongea dans un mutisme inquiétant. Et comme elle était du genre têtue, la petite, non sans grincer des dents, s'obstina à aller chercher le seul trésor qui lui restait.

« Merci pour… ça. J'vais me débrouiller maintenant. »

Elle s'extirpa de la hutte pour disparaître dans la nuit.


Dernière édition par Morrigan O’Murchadh le Mar 21 Nov - 10:44, édité 1 fois

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Message Sujet: Re: [PV Noah - 1994] Pourquoi souris-tu lune gibbeuse ?    Dim 12 Nov - 16:51
A quoi bon lui répondre sur sa première question ? Noah l'avait tiré d'un mauvais pas et s'était complètement moqué du matériels restés sur place. La moto. La musique. Ou n'importe quoi d'autre du même style. Aux yeux du Lupus qu'il était, ces choses-là n'avaient aucune importance. Mais une fois n'est pas coutume, le comportement de ces bipèdes différait grandement de celui d'un loup. C'est ce qui faisait qu'à ses yeux, la meute primait sur le monde humain. Pour ce qui était de sa seconde question, là il pouvait y répondre. Il était légitime qu'elle s'interroge, après tout il était un parfait inconnu. A moitié nu. Cela n'arrangeait donc en rien les choses.

    - Je me fais appeler Noah. Et oui, j'en suis un. T'as pas l'air si étonnée que ça. C'qui veut dire qu'on t'as un peu expliqué. C'est bien, ça m'fera gagner du temps.

Il était évident qu'il ne partageait pas son opinion sur le principe de la laisser crever. Pour le rouquin, on ne laissait pas un loup sur le côté sans raison. Elle s'était blessée. Il l'avait sauvé. Et ça s'arrêtait là. Si les Hommes laissaient les leurs mourir, ça les regardait. Mais il était temps qu'elle comprenne que le monde dans lequel elle était amenée à évoluer différait grandement de celui dans lequel elle avait été élevé. Ses sanglots n'émouvaient pas outre mesure le colosse.

J'devais admettre que son foutu caractère m'plaisait bien. Une louve avec du caractère, voilà c'qui fallait à la meute. C'qui m'fit bizarre, c'est de l'entendre jurer dans sa langue. Le hasard faisait décidément bien les choses. J'connaissais ce langage. Mais j'le gardais pour moi. Cela m'donnait en tout cas une info. Forte chance que son clan soit l'même que le mien. Restait à creuser. Mais... Qu'est-ce qu'elle foutait là ?

Il n'avait pas eu le temps de répliquer qu'elle se sauvait déjà, sa silhouette se fondant dans les ténèbres. Poussant un soupir, il secoua la tête dépité. Il allait avoir du boulot avec elle. Mais qu'importe, il ne laisserait pas cette louve se sauver. Reniflant à plein poumon l'air de la pièce, il enregistra les informations olfactives nécessaires à la nouvelle traque qui se préparait. Elle n'irait pas bien loin à pied mais il préférait mettre toutes les cartes de son côté. C'est ainsi qu'il fit de même, sortant de la hutte pour retrouver la donzelle.

Il n'eut aucun mal à la rejoindre. Son empressement à vouloir retrouver ses objets et à quitter les lieux était assez amusant à observer. Mais la patience n'étant pas la qualité première de l'Athro (*), il l'interpella.

    - Hey ! Arrête de galoper deux secondes et écoute-moi. Chez nous, on abandonne pas nos louveteaux. Et y'a rien de digne à crever sous une moto d'merde. T'as des choses à apprendre, gamine. Et j'vais pas t'laisser t'balader seule dans la nuit. T'as des couilles, j'dois au moins t'accorder ça. J'ai un deal à t'proposer.

Encore que. De base, il ne lui laisserait pas réellement le choix. On ne laissait pas un Garou potentiellement dangereux et sans formation se trimbaler sans surveillance. Jamais le Caern n'accepterait un incident.

    - On retourne sur les lieux. Tu récupères tes machins là. Et tu m'diras c'que tu sais sur les nôtres. Moi, j'répondrais à tes questions, si t'en as. Mais j'vais t'expliquer un principe très simple. On laisse pas un louveteau sans surveillance. Vu ?

J'avais pas envie d'durcir le ton mais il fallait qu'elle comprenne que j'hésiterai pas si nécessaire. J'savais que les émotions d'un jeune Garou pouvaient les faire basculer de l'autre côté. Mon expérience me donnait clairement l'avantage en cas de problème. Mais j'avais pas envie d'lui filer un coup d'dents pour calmer ses pulsions. J'étudiais ses traits. Juste au cas où.

Citation :
* A l'époque, je ne suis pas encore un Ancien mais un Athro. Le rang juste en dessous.

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Message Sujet: Re: [PV Noah - 1994] Pourquoi souris-tu lune gibbeuse ?    Mar 21 Nov - 18:41

Elle avait obéi, non sans mal, quand il l'avait interpellé. La jeune fille n'était pourtant pas connue pour être obéissante. Mais quelque chose la forçait à se montrer docile, une chose qu'elle n'aima pas. Ses étranges yeux quittèrent la route sombre pour scruter son vis-à-vis, saisir toute la portée de ses mots. Louveteau, ainsi se résumait-elle à cela pour lui ? Cet inconnu, cet étranger ? Un léger rictus orna ses lèvres :

« On a tous des choses à apprendre. » Morrigan haussa des épaules. « J'imagine que c'est un bon deal. »

Ses yeux se fermèrent pour tenter de percevoir les odeurs portées par le vent. Puis, avec moins d'empressement, l'adolescente se remit en route. Un moment ses pensées vagabondèrent, dotant son visage d'une expression extrêmement fermée, presque agressive.

« Noah c'est ça ? »

Encore, elle le regardait avec cet air paradoxal, entre tristesse et curiosité. Ses mains s'enfoncèrent dans les poches de sa veste en cuir, récent cadeau de son père pour sceller son entrée parmi les Valravens. Assez chaude pour la sauvegarder du froid ambiant, mais trop lourde à porter pour ses frêles épaules après ce qu'il venait de se passer. La créature mi-corbeau mi-loup resterait la seule déité qu'elle allait prier pendant de longues années. Une effigie brodée dans son dos, un rappel perpétuel de ce qu'elle était. Mais certainement pas « un louveteau. »

« Moi c'est Morrigan. Morrigan O’Murchadh. Et je ne suis pas… un louveteau ok ? J'ai pas cinq ans. Et j'aime pas qu'on m'voit comme une petite chose fragile et servile. J'veux bien t'écouter parce que j'ai pas l'choix mais te prend pas pour mon daron. »

Papa… Maman…

Son cœur se serra dans sa poitrine. Par fierté et pour ne pas que Noah puisse voir les larmes envahir ses prunelles, la belle baissa la tête et hâta le pas. Cette marche rapide lui fit le plus grand bien, sa tête se vida de toutes pensées. Une aubaine pour elle, une source d'ennui sans doute pour son chaperon qui devait s'attendre à des questions de sa part. Elles viendraient.

« Arrêtes de me fixer comme ça tu me rends mal à l'aise. Je vais bien. »

C'était un mensonge, mais elle se fichait pas mal s'il la croirait ou pas. Soudain, elle dressa l'oreille.

« Je l'entends! »

Morrigan se précipita vers la route, là elle découvrit la scène de l'accident. Ses pas se stoppèrent. Le souffle court, le cœur battant.

« Ma bécane... »

Couchée sur le côté dans une pose improbable, comme un cadavre désarticulé, elle fumait encore. La voir dans cet état lui fit mal. Il lui fallut un long moment pour se sortir de cet état de choc, s'en extirper pour aller rechercher, parmi les débris, son walkman intact.

De sa gorge s'extirpa tout à coup un long râle bestial, prémices d'une transformation prochaine. Et dans son cœur prit dans cette tempête qu'elle avait peine à gérer, elle se demandait : Pourquoi souris-tu lune gibbeuse ?

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