C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]

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Message Sujet: C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]   Dim 12 Nov - 10:23
Cela faisait quelques mois que je n'avais plus mis les pieds dans un bar. J'étais plutôt du genre casanier : en général, je préférais picoler mes bières tout seul devant la télé plutôt qu'entouré d'étrangers. Si ça ne faisait pas de mal une fois de temps en temps, ce n'était pas vraiment compatible avec mes horaires de travail - ou pour être exact, je manquais de motivation quand je finissais à dix ou onze heures du soir.
Mais avec tout ce qui m'était tombé dessus dernièrement, j'avais jugé préférable de sortir prendre l'air au lieu de m'enfermer avec mes pensées pour seule compagnie. J'avais un bon paquet de trucs à avaler, alors autant le faire avec de l'alcool pour aider à faire passer. Et puis, j'avais pris congé le temps de « mettre de l'ordre dans des affaires personnelles » ; mon assiduité des derniers mois avait suffi à dissuader mon patron de poser des questions.

Tant mieux : je ne sais pas vraiment ce que je lui aurais répondu.
« J'ai découvert que j'étais un loup-garou, maintenant je dois apprendre à rapporter la balle et à ne pas courir après les voitures » ? Ouais, pourquoi pas. De toute façon, quoi que je puisse dire, c'est pas comme si j'allais réussir à rendre ça plus vraisemblable.

Curieusement, le commun des mortels a du mal à vous croire sur parole quand vous leur sortez que vous n'êtes pas aussi humain que vous en avez l'air, qu'importe combien vous donnez l'impression d'y croire ; la faute, sans doute, à tous ces gamins pré-pubères avec leurs fausses canines et leur mascara.
Le simple fait de voir ces épouvantails déambuler dans les rues suffisait à se dire que si les vampires existaient réellement, ils leur auraient depuis longtemps enfoncé leur garde-robe uniformément noire au fond de la gorge pour cet outrage.

Je n'attachais pas une grande importance au choix de l'établissement : je ne fréquentais pas assez ce genre d'endroit pour avoir une vraie préférence. Du moment que les prix restaient raisonnables, c'était tout ce que je demandais : j'envisageais la possibilité de me cuiter pour la première fois depuis un long moment, et préférais ne pas avoir à vider mon compte-épargne pour parvenir à ce résultat avant la fin de la nuit - si longue soit-elle encore.

Je conduisis donc jusqu'à repérer une enseigne suffisamment aguichante pour me convaincre d'aller jeter un oeil à l'intérieur, tout en veillant à ce que ma voiture ne paraisse pas attirante de la même manière au moment de la garer. Cela fait, je descendis les quelques marches menant jusqu'au pub et en poussais la porte, sentant naître un léger picotement dans ma gorge alors que m'assaillaient les premières volutes de fumée.

C'était un endroit somme toute accueillant, dans la limite de ce que permet un tel commerce : ni trop petit ni trop grand, avec assez d'espace entre les sièges pour circuler librement et ne pas se sentir étouffé - sauf les soirs de match, présumais-je en apercevant les quelques bannières colorées suspendues ici et là, en vue sans être ostentatoires. Pour l'heure, les lieux ne comptaient toutefois qu'une poignée de clients ; c'était un soir de semaine et il était déjà tard.

Alors que j'hésitais entre les tables et le comptoir, j'aperçus accoudée à ce dernier une forme féminine qui captiva mon attention.
Celle-ci appartenait à une jeune femme tout à fait charmante que je situais dans la vingtaine, et dont les traits auraient pu avoir quelque chose d'exotique si elle n'avait pas été aussi pâle - non que cela me dérange.
La perspective d'aller lui tenir compagnie était loin de me déplaire. Il y avait cependant une autre donnée à prendre en compte : la drague n'était pas vraiment ce qu'on pourrait appeler mon mon domaine de prédilection. À vrai dire, mon palmarès en la matière pouvait se résumer à une ou deux expériences désastreuses au temps du lycée.
Je fis un ultime effort pour me dissuader en me faisant la remarque qu'il était très probable qu'elle attende quelqu'un. Ce à quoi une autre partie de mon cerveau - probablement celle appelée « testostérone » - s'empressa de répondre qu'elle avait plus l'air du genre de femme qui fait attendre que l'inverse.
Et avant d'avoir pu m'en rendre compte, je me trouvais marchant dans sa direction.
Bordel.

Hey, dis-je en prenant place à côté d'elle, véritable parangon d'éloquence, tentant comme je le pouvais de camoufler la moiteur de mes mains derrière un sourire charmeur-mais-pas-trop et un vernis d'assurance. Je, euh, je peux vous payer un verre ?


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Message Sujet: Re: C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]   Dim 12 Nov - 22:22
Accoudée au comptoir d'un pub situé à deux pas de chez elle, Gina avait la tête des mauvais jours. C'était soirée chasse et elle n'avait pas encore conclu. La soirée était presque terminée et elle n'avait pas eu énormément de touches. Pour un jour de semaine, le pub était pas mal garni. La Brujah s'était juste gourée dans son planning. Le football américain se jouait surtout le week-end mais il y avait un match le Jeudi soir en ouverture. Elle avait lu que les Chicago Bears jouaient ce soir. Elle n'avait cependant pas remarqué qu'ils jouaient à l'extérieur, chez leurs adversaires, à Jacksonville en Floride. Pour résumer, ça sentait bon la soirée à oublier.

Gina était pourtant d'attaque et surtout elle avait les crocs. La Nouveau-né n'était pas du genre à observer une quelconque routine. Cependant, la bouffe était sacrée et quelque chose qu'elle ne pouvait pas reléguer au second plan. Rater une chasse était une chose, en rater deux pouvait mener à la catastrophe. Personne ne souhaitait qu'un Brujah entre en frénésie. Personne. Et surtout pas la Racaille en question. Perdre le contrôle de soi était très humiliant et venait toujours à se savoir. Dans le meilleur des cas, il n'y avait aucun témoin vivant. Dans le pire, ça passait aux infos du lendemain et on recevait une visite sympa des acolytes du Prince. Gina n'était pas dans l'urgence mais si elle ne se nourrissait pas ce soir, elle courrait un risque. Surtout si il venait à y avoir de l'action.

Alors qu'elle s'apprêtait à plier les gaules, la caïnite entendit le bruit caractéristique de la clochette de la porte d'entrée. Elle se retourna par curiosité, comme une bonne partie de la salle d'ailleurs. Le type qui venait de faire son apparition était somme toute assez banal, physiquement parlant et semblait assez paumé. *Une épave ?* se demanda-t-elle en détournant le regard, un petit sourire aux lèvres. Gina adorait les épaves ! En règle générale, ils étaient extrêmement facile à draguer et à isoler du reste du bétail. Ca rappelait un peu les jeunes et les blessés chez les troupeaux d'herbivores en Afrique. En somme, des proies faciles. En plus ils étaient souvent dépressifs et n'avaient pas la main leste niveau alcool. Un autre point très positif pour la Brujah.

Gina fit sa plus belle version de la femme qui s'emmerde. Elle prit l'air évasif, tapota le comptoir avec ses doigts et soupira de plus belle. Elle en faisait des tonnes mais cela eut l'effet escompté. Le nouvel arrivant vint presque droit sur elle et lui proposa un verre. Ce n'était pas le roi de l'éloquence mais la caïnite n'en avait cure. Seul comptait le goût de son sang. Malheureusement, elle ne pouvait pas l'emmener direct dans les chiottes pour le vider. Ca serait trop facile. Il fallait jouer. Elle espérait seulement que cela ne dure pas la moitié de la nuit comme lorsqu'elle tombait sur un intello' mou du genou...


- Avec plaisir. répondit-elle de manière laconique, en l'invitant à s'asseoir d'une geste de la main et paraissant soulagée que quelqu'un s'intéresse à elle.

- Moi c'est Gina, c'est quoi votre petit nom et qu'est-ce qui vous amène dans le coin ? J'ai pas souvenir de vous avoir déjà vu. Je me serais rappelée de vous. enchaîna-t-elle pour le mettre à l'aise.


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Message Sujet: Re: C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]   Jeu 16 Nov - 11:26
Merci.

Je m'installais à ses côtés, tâchant de trouver une position confortable sur le tabouret. À ma grande surprise, malgré son allure fatiguée, celui-ci s'avéra plus accueillant que je ne l'aurais pensé de prime abord. Ça semblait logique : malgré les récentes campagnes incitant à la modération, le rôle premier d'un bar était de convaincre ses clients d'y rester de longues heures durant et d'enchaîner les verres - ce qu'on ne peut définitivement pas faire avec un mobilier moins pratique qu'esthétique.

Parlant d'esthétique, la beauté de la demoiselle était encore plus frappante vue de près ; si elle n'en était pas à faire la couverture des magazines, elle ne devait pas en être bien loin. Je n'aurais pas été surpris d'apprendre qu'elle avait déjà travaillé comme modèle ou quelque chose dans ce goût-là, et dûs me faire violence pour ne pas risquer à la fixer bêtement après qu'elle ait daigné m'adresser un regard.
C'est dans ces moments-là que je me disais que ça faisait beaucoup trop longtemps qu'il n'y avait plus eu de femme dans ma vie, aussi superficielle que soit la relation. C'était bien beau d'être sérieux dans mes études, mais il était grand temps que j'apprenne à vivre au lieu de survivre, si douillet que soit mon train-train quotidien.

Marcus, répondis-je en tendant la main vers elle.

Ce n'était pas la plus séduisante des manières de se présenter à une dame, mais je n'avais pas la prétention d'être un modèle de galanterie. J'étais déjà assez rouillé pour ne pas vouloir en plus griller mes chances en annonçant directement la couleur - et de toute façon, j'étais déjà bien content de trouver quelqu'un à qui parler. Si c'était pour me murger tout seul dans mon coin, j'aurais aussi bien fait de rester chez moi. Ne restait qu'à espérer qu'elle s'en satisfasse...

Je ne viens pas souvent dans ce genre d'endroit, confessais-je alors que mon regard parcourait la pièce avec une curiosité relative - pas souvent ne voulait pas dire jamais, et ils se ressemblaient un peu tous à mes yeux. Je suppose que j'avais besoin de me changer les idées. Sortir m'aérer, rencontrer des gens. Je la gratifiais d'un léger sourire entendu tout en levant la main pour attirer l'attention du barman. Et vous ? Vous êtes une habituée ?


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Message Sujet: Re: C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]   Lun 20 Nov - 16:49
Gina n'aimait pas dépenser de la vitae à outrance. Puiser dans ses réserves l'approchait lentement mais sûrement de la catastrophe. La main tendue de Marcus était des plus anodine. Si ce n'était pas une pratique courante aux Etats-Unis, cela restait dans le domaine du probable. Pour la caïnite cela voulait seulement dire qu'il lui fallait faire un effort supplémentaire. Avoir l'air humaine lui coûtait déjà énormément... Convaincue qu'elle se nourrirait ce soir, elle dépensa un peu de vitae afin de réchauffer sa main et faire illusion.

- Enchantée Marcus. répondit-elle par politesse en lui serrant mollement la main.

La Brujah ne put s'empêcher de détailler ce dernier avec insistance. S'il ne payait pas de mine, physiquement parlant, elle remarqua tout de suite sa carrure robuste. Elle ne manquerait pas de jouer là-dessus par la suite. Si les femmes aimaient être complimentées, Gina avait appris avec l'expérience que les hommes n'étaient pas en reste. Elle opta donc pour cette option relativement agressive.


- On peut dire que je suis une habituée. commença-t-elle les yeux légèrement dans le vague, un petit air triste passant de manière fugace sur son visage.

- Mon ex était un footballeur américain. enchaîna-t-elle en dévisageant volontairement Marcus de haut en bas avant de tendre la main et de tâter le biceps de ce dernier.

- Il était baraqué. Un peu comme vous. fit-elle en se fendant d'un petit sourire, devenant visiblement plus intéressée.

Gina faisait tout pour rendre l'ambiance plus agréable. Marcus n'avait l'air très dégourdi et rechignerait sûrement à prendre les devants si elle se montrait trop résistante ou au contraire trop facile. La drague n'était qu'une histoire d'équilibre. En ce cas précis, ce dernier s’annonçait dur à trouver. Les discussions de tous les jours suffiraient probablement à le mettre plus à son aise.

Lorsque le barman s'approcha pour prendre la commande de Marcus, Gina avala ce qui restait de sa bière d'un trait. A son grand dam, elle n'en retira aucun plaisir. Elle recommanda la même chose. La Brujah n'était pas évidemment pas difficile en matière d'alcool, se contentant de choisir en fonction du lieu. La bière était l'apanage des pubs sportifs. Elle se mit donc au diapason. La caïnite feint d'être en pétard et claqua sa bouteille vide sur le comptoir.


- Mais assez parler de ce con. Parlez moi un peu de vous Marcus ? Vous faites quoi dans la vie ? fit-elle en reportant toute son attention sur son prétendant.

Gina n'était pas très observatrice mais un œil averti pouvait voir du mouvement dans la salle. Deux hommes s'étaient placés vers la sortie et un type dévisageait le couple depuis une table non loin. La Brujah montrait apparemment trop d'attention envers le nouveau venu. Un nouveau venu qui était loin des standards des filles de son genre.





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Message Sujet: Re: C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]   Sam 25 Nov - 15:24
Je dus me faire violence pour ne pas retenir ses doigts au-delà de la simple poignée de main de politesse. Ses doigts étaient un peu froid, mais très agréables au toucher - et je ne pus m'empêcher de me demander si c'était le cas pour sa peau dans son intégralité. Je me demandais l'espace d'un instant si ça ne faisait pas de moi un des mecs louches qu'elle devait avoir l'habitude de rôder autour d'elle, mais mon inconfort suite à cette réalisation suffit à me faire dire que je n'étais peut-être pas un cas désespéré.

Je me crispais légèrement alors qu'elle faisait la moue : de toute évidence, j'avais touché un point sensible. C'est ce qui s'appelle partir sur de bonnes bases. Elle ne semblait cependant pas avoir été suffisamment heurtée par la chose pour me jeter son verre au visage et partir en courant, alors je supposais avoir encore une chance de rattraper le coup.
À vrai dire, elle s'en était remise tellement vite qu'après qu'elle m'ait parcouru du regard, ce qui me fit l'effet d'un contrôle pour lequel je n'aurais pas révisé, j'eus la surprise de la sentir m'attraper le bras - pour le palper, de surcroît. Totalement pris de court, je ne fis rien pour résister : je ne l'imaginais pas aussi directe, mais ce n'était pas forcément pour me déplaire.

Merci. Ça fait un moment que je n'ai plus l'occasion de m'exercer, me sentis-je obligé d'avouer, bien qu'appréciant son commentaire.

Je n'avais plus le temps de m'entraîner autant que je le voudrais, mais n'avais pas à rougir de ce qu'elle pourrait trouver sous la veste. Les sports d'équipe n'étaient pas forcément mon truc - contrairement à son ex, apparemment - mais j'avais une certaine quantité de pratiques sportives à mon actif. Mon père, forgé par une vie entière d'habitudes militaires, m'avait très tôt conditionné à prendre soin de moi ; si j'y avais rechigné par moments, et je dois bien dire que je lui en étais reconnaissant au final.

Si j'avais l'intention de passer la soirée à la bière, je décidais toutefois de commencer par quelque chose de plus fort pour me mettre en jambe - et le whisky semblait tout indiqué. Je n'étais pas un grand connaisseur, mais je n'avais pas besoin de l'être : il s'agissait davantage de me donner un coup de fouet que de me lancer dans une séance de dégustation.
En l'absence de précision de ma part, le barman avait visiblement décidé d'y aller fort : ce n'était pas la première fois que je consommais ce genre de breuvage, mais j'en sentis très distinctement la brûlure glisser sur ma langue - et ne dus d'avoir retenu une légère toux qu'à mon envie de faire bonne impression. Je me raclais néanmoins la gorge avant de reprendre la conversation, tâchant d'éviter le champ de mines que devait être le sujet de ses relations passées :

Je, hum, je suis encore étudiant à l'université de Chicago.

Dans un geste absurde mais purement humain, je tendais le pouce par-dessus mon épaule sans même être sûr qu'il soit dans la bonne direction, comme si elle pouvait voir le bâtiment depuis là où nous étions malgré les kilomètres nous en séparant. Je portais ma propre bouteille à mes lèvres ; le goût amer de la bière était presque un soulagement après le passage du whisky.

J'enchaîne les petits boulots à côté pour payer le loyer en attendant d'avoir terminé.

Ce n'était pas très glorieux, mais c'était ma vie et tout ce qu'elle avait à offrir.
Si l'ex dont elle m'avait parlé était footballeur américain, c'était probablement qu'il était encore étudiant lui aussi - ou qu'il jouait à un niveau national, auquel cas je n'avais simplement aucune chance de rivaliser - ; elle ne devrait donc pas trop en être dérangée. De toute façon, je me voyais mal lui sortir un baratin que je n'aurais ensuite pas été capable d'assumer : à supposer qu'on finisse la soirée chez moi (l'espoir fait vivre), j'aurais eu du mal à lui cacher que je vivais sur le campus - et je n'avais pas vraiment l'air d'être un professeur, ce qui me paraissait plutôt avantageux dans le cas présent.

Un raclement de chaise un peu trop prononcé m'écorcha les tympans ; ce n'est qu'en tournant machinalement la tête en direction de la provenance du bruit que je finis par me détourner d'elle à regrets. À l'autre bout de la salle - non qu'elle soit bien grande -, je trouvais deux paires d'yeux exerçant leur maîtrise du regard noir à mes dépens.
Aucun des deux hommes auxquels elles appartenaient ne m'était familier ; et, les pensées toujours tournées vers la demoiselle à ma droite, je me tendis à l'idée que l'un d'entre eux soit l'ex en question - pas si ex qu'elle voulait bien le faire croire. Quelle autre raison auraient-ils de m'en vouloir ?

Un problème, messieurs ? leur lançais-je en reposant ma boisson sur le comptoir.

Ça n'avait rien à voir avec le fait de jouer les gros bras devant ma charmante interlocutrice : je n'aurais pas réagi différemment en d'autres circonstances. Quelle que soit leur motivation, je n'avais tout simplement pas l'intention de me laisser intimider.
Pire encore : je crois même qu'avec la frustration accumulée des derniers jours, je crois même que l'idée d'avoir quelque chose - ou quelqu'un - sur qui frapper n'était pas aussi dérangeante qu'elle aurait dû l'être.


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Dernière édition par Marcus Preston le Sam 16 Déc - 18:25, édité 2 fois

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Message Sujet: Re: C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]   Lun 27 Nov - 19:16
De mémoire, Gina n'avait pas souvenir d'avoir déjà été amoureuse ou du moins de son comportement lorsqu'elle était éprise de quelqu'un. Et pourtant, elle était plutôt douée pour jouer la femme réceptive aux charmes masculins. Le regard azuré de la Brujah était plongé dans celui de son prétendant du soir. Elle le dévorait littéralement des yeux. Cependant, la belle estima que le regard seul ne suffisait pas. Elle se tourna vers lui et s'installa plus confortablement en croisant les jambes de manière très féminine. Si Gina était habillée plus sobrement que d'habitude, elle restait très sexy vêtue d'une petite jupe noire et d'un top au décolleté plongeant. Non pas qu'il y ait énormément de choses à voir mais cela attirait toujours les regards. Une tenue extrêmement pratique pour chasser. De sa main libre, elle s'enfilait sa bière à l'américaine, par grosses gorgées.

Même si elle n'en montrait rien, Gina se fichait pas mal de l’histoire de son interlocuteur. Que ce dernier soit riche ou pauvre n'avait fondamentalement que très peu d'importance. Tout ce que la caïnite désirait c'était son sang. Faire connaissance et se rappeler les détails de la vie de son prochain casse-croûte ne l’intéressait guère. Son seul critère de sélection résidait dans la relative santé de sa future proie. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle ne s'était pas encore envoyé quelqu'un ce soir. Comme il n'y avait pas de foot à la télévision, le pub était rempli de types plus ou moins louches. On était loin des gentils étudiants de la trempe de Marcus qui supportaient leur équipe au bar. Un autre excellent point était qu'il avait probablement un endroit à lui. Si Gina parvenait à lui faire croire qu'elle était sous son charme, il y avait de grandes chances pour qu'il la ramène chez lui. C'était l'idéal pour elle.

Alors qu'elle faisait déjà des plans sur la comète, Gina remarqua finalement qu'un homme s'était rapproché d'eux. Elle le reconnut tout de suite. Il s'agissait d'un type bien lourd comme il y en avait plein. Le type bien macho qui roulait des mécaniques et agitait sa queue par réflexe devant toute les femmes qui daignaient passer à sa portée. Il avait déjà tenté sa chance avec elle au moins trois fois durant cette soirée. Sans succès. Il fallait avouer que le mec était laid comme un mulet. Dans la pénombre, on aurait dit un Nosfératu : Cheveux clairsemés et gras, grosse moustache pas entretenue et une bouche de travers. Bon ok il était bien baraqué comme Gina les aimait mais bon, son look de clodo la rebutait. C'était un coup à chopper une saloperie...

Le gros balèze vint se mettre au milieu du couple, un de ses potes prenant place derrière Marcus. Ce dernier resta calme en dépit de la « menace » alors que le pub sembla se vider tout d'un coup. Même le barman semblait avoir disparu derrière le comptoir. Si son prétendant resta calme et leur demanda ce qui n'allait pas, Gina quant à elle prit évidemment la mouche.


- Oh toi le gros con, tu dégages ! Quand je dis non c'est non ! Ca sera toujours non même si tu lui pètes la gueule. Capiche ? Non ? Pourtant avec la gueule que tu te payes, t'as dû t'en prendre des râteaux ! fit-elle avec le cœur en se levant de son siège, sans trop réfléchir au conséquences. C'était pas le genre de la maison de toute manière...

Le type, visiblement vexé, lui décocha alors une énorme claque. Si Gina avait vu venir la tarte, elle ne fit rien pour l'esquiver. Elle lâcha un petit cri de douleur alors qu'elle s'étalait sur le comptoir en tenant sa bouche ensanglantée.


- Toi la pute tu la fermes ! On s'occupera de toi après ! hurla le poète.

La Brujah n'avait pas vraiment imaginé que la brute lui mette un coup mais surprise, elle avait décidé de se prendre au jeu. Ce genre de dégâts était négligeable après tout. Ce qui l’intéressait c'était la réaction de Marcus. Était-il du genre preux chevalier qui défend la veuve et l'orphelin ?



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Dernière édition par Gina Barbieri le Mar 28 Nov - 17:12, édité 2 fois (Raison : Couleurs + Ortho !)

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Message Sujet: Re: C'est un mec qui rentre dans un bar [Gina - Marcus]   Sam 16 Déc - 22:09
Ah. De toute évidence, ma compagne de la soirée avait déjà eu affaire au trouble-fête qui nous reluquait d'un oeil torve. Je ne savais pas si je devais en être rassuré, ou au contraire d'autant plus inquiet. De ce que je croyais comprendre de leur échange, ce n'était donc apparemment pas son ex-copain, mais un autre soupirant qui n'avait - lui - pas eu la chance de trouver grâce à ses yeux.
Et qui, par conséquent, semblait vouloir le reprocher à quiconque obtiendrait de meilleurs résultats - moi, en l'occurrence ; c'était bien ma veine. Autant que je puisse compatir à son malheur (se prendre une veste n'est jamais agréable), je n'avais aucune intention de lui céder ma place - d'autant que si elle l'avait déjà rembarré, ce n'est certainement pas moi qui allais la faire changer d'avis : la petite dame avait l'air de savoir ce qu'elle veut.

Je reposais ma bouteille sur le comptoir et étouffais un soupir, acceptant lentement l'idée que les prochaines minutes ne risquaient pas d'être une partie de plaisir. Grâce à un ou deux de mes anciens jobs, j'avais déjà une certaine expérience avec les individus de ce genre, et savais qu'il est hélas trop rare une fois lancés qu'ils renoncent pacifiquement.
Je ne devais pas être le seul à en avoir conscience : d'un coup d'oeil aux alentours, je m'aperçus que le gros de la clientèle avait quitté les lieux sans demander son reste. Le barman lui-même semblait avoir disparu de mon champ de vision, s'étant sans doute trouvé quelque chose de très urgent à faire dans la réserve.

Une partie de moi - celle qui se rappelait la voix de mon père me disant d'éviter les ennuis au vu de mon tempérament - aurait probablement voulu suivre leur exemple ; mais même si je l'avais envisagé sérieusement, la présence subtile de malabar numéro deux derrière mon siège m'empêchait de le faire. Il allait donc falloir s'en remettre au plan B...

...Que j'allais devoir composer rapidement, puisque ma « conquête » venait d'en coller une à son amoureux transi ; ce qui nous donna à tout deux - elle en particulier - l'occasion de constater qu'il prônait suffisamment l'égalité des sexes pour lui en retourner une identique.
En ce qui me concerne, je ne me sentais pas particulièrement la fibre chevaleresque : canevas paternel oblige, je m'étais toujours imaginé plus soldat que paladin en armure - ce qui ne voulait pas dire que j'allais rester sans réagir, car...

Excusez-moi, dis-je en levant la main pour réclamer leur attention, fronçant le nez comme si j'étais sur le point d'éternuer - pour mieux m'exclamer : Mais je crois que je suis allergique aux cons !

Des deux mains, je pris appui sur le comptoir pour donner au haut de mon corps autant d'élan que j'en étais capable sans tomber dans la foulée. L'arrière de mon crâne rencontra le nez du deuxième tocard avec un craquement très satisfaisant ; trop occupé à glousser, il ne vit pas venir le coup avant qu'il soit trop tard. Je le retrouvais tenant à deux mains la ruine sanglante que je laissais au milieu de son visage.
Surpris par ma propre efficacité, j'en profitais pour quitter mon tabouret avant que lui vienne l'idée de prendre sa revanche - et dans le même élan, me projetais de tout mon poids sur le sinistre bourreau de ma dame d'un soir alors que celui-ci en était encore à cligner des yeux d'un air bovin.

Je n'aurais pas su dire depuis combien de temps je n'avais pas soulevé un haltère, mais ça n'avait manifestement pas suffi à faire de moi une demi-portion : nous nous écrasâmes au sol de concert, sans grâce ni finesse - et avant qu'il ait eu ne serait-ce que l'occasion de se ressaisir, je m'empressais de lui coller mon poing dans la gueule.
Hélas, le destin jugea bon de me faire savoir que c'était la seule et unique chance que j'aurais : à peine mes phalanges avaient-elles rencontré sa mâchoire qu'une vive douleur me cueillit à la base de la nuque.

Malgré le vertige qui s'empara de moi, l'odeur d'alcool qui avait envahi le col de ma veste et les débris de verre s'écrasant au sol me suggérèrent qu'on venait de m'exploser une bouteille à l'arrière du crâne ; probablement la petite frappe à qui j'avais offert un remodelage nasal de mon cru.
Et moi qui avais toujours cru que ça n'arrivait que dans les films et que dans la vraie vie, les têtes cassaient en premier...



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